Les perdiems ou pourquoi payer pour publier un article ?

Dernière mise à jour : 6 juil. 2020


Perdiem.


Le mot ne vous est peut-être pas inconnu.


Mais de quoi s’agit-il réellement ?


Voici quelques éléments de contexte, pour ne plus en perdre votre latin. Petit rappel, le perdiem est une indemnité financière mise en place pour régler les frais de transports dans le cadre de leur activité. Mais comme vous vous en doutez, la réalité a un peu évolué, et on ne parle pas ici de remboursement des notes de trains ou d’avions.


Dans le cas qui nous concerne, à savoir les médias, le perdiem, c’est la petite gratification financière que l'organisateur d’un événement ou d’une conférence remet à la fin de la manifestation à tous les journalistes qui sont venus y assister.


L’idée n’est pas ici d’analyser ou de critiquer cette pratique. Mais comme vous devrez faire avec dans le cadre de votre campagne presse, on vous explique comment.



Quels sont les pays d’Afrique concernés par les perdiems ?


Ce que vous devez savoir en premier lieu, c’est que la distribution “des enveloppes d’argent” aux journalistes est pratiquée… dans la quasi totalité des pays africains.


A vrai dire, il est même difficile de citer les pays où cette pratique n’a pas cours (on continue de chercher mais pour le moment, à part le Maroc et l’Afrique du Sud, on n’a pas trouvé).


Autre info, le perdiem se pare de jolis petits surnoms selon la zone. En Afrique francophone, le perdiem est appelé “Gombo” ou “Coupage”. Et chez les anglophones on le nomme “bonus journalism”, “brown envelope” ou encore “buche”.


Le Perdiem n’est pas considéré comme le salaire ou une partie du salaire du journaliste, ni comme une prime, mais plutôt comme un petit coup de pouce pour les aider dans l’exercice de leur métier. Pour la défense des journalistes, rappelez-vous tout de même que le métier en Afrique ne jouit pas des mêmes conditions en terme de sécurité moral et matérielle qu’en Occident ! Alors déontologique ou non, une chose est sûre, cet environnement avec des conditions de travail précaires implique donc des pratiques différentes.